Archive pour admin

Générosité : les dons stagnent, le nombre de donateurs baisse

Le nombre de personnes déclarant soutenir une association a reculé et le montant des dons stagne. Une évolution inédite révélée par le baromètre de la générosité de Recherches et Solidarités, que « La Croix » publie en exclusivité.

Alors que depuis une dizaine d’années le montant des dons déclarés augmentait significativement,
ils ont stagné pour la première fois en 2016. / Aytunc Oylum/Stock.adobe.com

S’agit-il d’une lame de fond ? Ou simplement d’une mauvaise année ? En 2016, le nombre de personnes ayant déclaré un don, sur leur impôt sur le revenu, a reculé de 4,2 %, selon la 22e édition du baromètre de la générosité, que le réseau associatif Recherches & Solidarités publie lundi 4 décembre en exclusivité dans La Croix.

Une situation quasi inédite pour Jacques Malet, le fondateur de ce collectif d’experts : « C’est une surprise, observe-t-il. Depuis vingt-deux ans que je suis ces données, je n’avais jamais vu ça, sauf peut-être en 1995 au moment des grandes grèves contre la réforme Juppé. Et encore, à l’époque, les chiffres étaient moins précis car ils ne permettaient pas de distinguer les dons aux associations et les dons aux partis politiques. »

Après avoir décollé au début des années 2000, le nombre de donateurs stagnait déjà, il est vrai, depuis près de dix ans. Mais, cette fois, le décrochage est net : en 2016, 5,28 millions de foyers fiscaux ont déclaré au moins un don aux associations sur leur feuille d’impôts sur le revenu, contre 5,51 millions en 2015.

Bilan stable pour les plus grosses associations

De plus, ce résultat décevant se double d’un autre indice de mauvais augure : alors que depuis une dizaine d’années, le montant des dons déclarés augmentait significativement – avec une progression de 7,2 % en 2014, ralentie à 3,7 % en 2015 –, ils ont stagné pour la première fois en 2016, avec 2,488 milliards d’euros, souligne le baromètre.

Téléchargez l’étude de Recherches&Solidarités

Cette double évolution défavorable est visible également dans les chiffres des associations. Le réseau Recherches & Solidarités a ainsi étudié les sommes collectées (impôt sur le revenu et ISF) portés aux comptes des 75 plus grosses associations qui collectent plus de 2 millions d’euros. Selon les estimations calculées par Recherches & Solidarités, le montant total des dons versés se situe« entre 4,4 et 4,5 milliards d’euros, pour l’année 2016 » et ce montant est lui aussi« sans évolution significative par rapport à 2015 ».

Dans ce tableau, les collectes réalisées par l’Église catholique résistent un tout petit mieux. En 2016, les dons aux associations diocésaines ont augmenté de 1,3 %, mais le nombre de donateurs fléchit de 2,6 %. Pour l’Église protestante unie de France, « les recettes ordinaires internes, provenant uniquement des membres des communautés locales, ont diminué de 1,6 % par rapport à 2015 », note le baromètre.

Le difficile recrutement de nouveaux donateurs

Bref, relève Jacques Malet, « le signal est suffisamment net pour nécessiter une prise de conscience des associations ». D’autant que peu d’éléments conjoncturels plaidaient pour de mauvais résultats cette année-là. « Il y a eu pas mal de catastrophes naturelles, qui stimulent en général les dons. Le moral des ménages n’était pas particulièrement mauvais, et ce n’était pas une année électorale », ajoute l’expert.

Jacques Malet évoque deux hypothèses : « Avec les bruits récurrents autour de la réforme de l’ISF, certains gros donateurs ont pu préférer y avoir recours une dernière fois car la ristourne fiscale ISF (75 %, NDLR) est plus importante que l’abattement via l’impôt sur le revenu. À l’inverse, de moins en moins de ménages modestes sont imposés, ce qui a pu agir à la baisse sur le nombre de déclarations. »

Mais, au-delà, se confirme une tendance de fond, déjà connue : les associations font face à une vraie difficulté à renouveler les donateurs. Non pas que l’engagement des donateurs fidèles faiblisse. « Cette fidélité se mesure par la croissance continue du don moyen, qui atteint 472 € en 2016 contre 450 € en 2015 », note Jacques Malet. Mais ce bel effort est de plus en plus porté par ceux qui gagnent le mieux leur vie.

Les plus jeunes, moins fidèles que les retraités

En 2016, 56,8 % des donateurs déclaraient un revenu net imposable de plus de 39 000 €. Logiquement, les retraités représentent plus de la moitié des donateurs : 22 % des donateurs ont entre 60 et 69 ans et 31 % ont 70 ans et plus.

Toutefois, signe d’espoir : les moins de 30 ans sont ceux qui donnent le plus par rapport à leur revenu, avec un « effort de don » de 2,4 % – soit un taux plus élevé encore que les plus de 70 ans (2,3 %). La relève est donc là, même si, bien sûr, le montant des dons ne peut pas être le même à 20 ans qu’à 70.

Encore faut-il capter l’attention de ces jeunes donateurs. « Les nouvelles générations n’ont pas les mêmes motivations, estime Jacques Malet. Alors que les donateurs plus âgés sont souvent fidèles à une association, les plus jeunes ont envie de financer un projet précis. Les associations doivent adapter leur message. »

Nouvelles formes du don

Sans doute la multiplication des nouvelles formes de dons (crowdfunding, arrondis, dons par SMS…) donne-t-elle de nouveaux outils aux associations pour toucher les futurs donateurs. Avec un risque, cependant : celui de faire concurrence au chèque ou au prélèvement automatique, souvent synonymes de dons plus généreux et fidèles.

Source de l’article : https://www.la-croix.com/Economie/Economie-et-entreprises/Generosite-dons-stagnent-nombre-donateurs-baisse-2017-12-04-1200896771?from_univers=lacroix

On a besoin de manteaux, de chaussures… » : plusieurs associations lancent un appel aux dons pour les migrants de Calais et Paris

CRI D’ALARME – A l’approche de l’hiver, les associations Emmaüs Solidarité et Utopia 56 lancent un appel aux dons pour les migrants, notamment au centre humanitaire de Paris qui fête son premier anniversaire ce vendredi et à l’Auberge des migrants à Calais.

Le centre humanitaire de Paris fête son premier anniversaire ce vendredi. Si le bilan est positif, avec près de  20.000 migrants mis à l’abri en un an, Emmaüs Solidarité, qui gère le centre, tire la sonnette d’alarme et lance un appel aux dons. « C’était déjà très dur l’année dernière, mais cette année le froid arrive très vite, assure à LCI Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs Solidarité. Les migrants, et pas seulement les hommes, arrivent dépourvus de tout, très souvent en tongs et en tenue d’été ».

De quoi on-ils le plus besoin ? En ce qui concerne les vêtements, le centre de Paris est surtout en attente de t-shirts, pulls, polaires, pantalons, manteaux et vêtements de pluie. Il y a également un besoin important de chaussures, chaussettes mais aussi d’accessoires comme des écharpes, des gants ou des bonnets. Côté hygiène, Bruno Morel indique que les « couches et les produits pour bébé » manquent cruellement pour les familles qui arrivent à La Chappelle et partent ensuite au centre d’Ivry-sur-Seine.

Outre les besoins matériels, le centre est également en manque de moyens humains. « Nous avons notamment besoin de bénévoles pour accompagner les migrants dans leurs déplacement liés à la santé. Nous cherchons des gens pour des missions plus classiques comme la gestion du vestiaire et de la laverie, de la traduction et de l’animation culturelle et sportive ».

EN VIDÉO

Emmanuel Macron ne veut plus de migrants dans les rues d’ici à la fin de l’année

Si les besoins sont importants dans la capitale, ils le sont tout autant à Calais, ou vivraient actuellement près de 800 migrants malgré le démantèlement de la « Jungle » en octobre dernier. Plusieurs associations sont encore très actives dans la ville du Nord, dont Utopia 56 et l’Auberge des migrants qui gèrent un hangar où sont reçus, triés et stockés les dons. Mais depuis quelques mois et notamment le démantèlement de la « Jungle », les stocks se sont considérablement réduits.

« Il fait super froid et il nous manque surtout des pulls et des blousons chauds en taille S et M, des gants, des bonnets, des écharpes et des chaussures du 39 au 44 », alerte Gaë, le coordinateur de l’action de l’association Utopa 56 à Calais. L’association dit aussi avoir besoin de tentes et de sacs de couchage car « les autorités les détruisent systématiquement malgré le froid ».

Enfin, comme au centre de Paris, Gaël affirme avoir besoin de « ressources humaines ». « Il nous faut des personnes pour les distributions alimentaires, les animations culturelles et surtout le suivi des soins médicaux », continue-t-il. Il faut que les gens se mobilisent si l’on veut que les choses changent ». Le message est passé.

Pour faire des dons au centre de la porte de la Chapelle à Paris, vous pouvez passer directement sur place au 72 Boulevard Ney de 9h à 18h tous les jours ou écrire à Emmaüs Solidarité à l’adresse suivante : benevolat@emmaus.asso.fr

Pour faire des dons matériels au hangar de l’Auberge des migrants à Calais, vous pouvez vous rendre directement sur leur site pour trouver la liste des différents points de collectes en France http://www.laubergedesmigrants.fr/fr/dons-materiels/reseau-de-collecte/. 

Source : LCI.FR
http://www.lci.fr/societe/on-a-besoin-de-manteaux-de-chaussures-plusieurs-associations-lancent-un-appel-aux-dons-pour-les-migrants-de-calais-et-paris-2069886.html

RECYCLER POUR LA RECHERCHE SUR ALZHEIMER

Le 10 octobre 2017, les E.Leclerc lancent l’opération « prospectus utiles » : les clients E.Leclerc pourront désormais rapporter leurs prospectus en magasin pour les faire recycler. Ce geste écologique déclenchera un don de l’enseigne à la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer. Une double bonne action réalisable dans les  magasins E.Leclerc, partout en France.

Bonne action numéro 1 : réduire l’impact écologique

Dans la lignée  des sacs écologiques consignés inventés par E.Leclerc il y a 21 ans, ce système permettra aux porteurs de carte de fidélité E.Leclerc de rapporter n’importe quel prospectus de l’enseigne (dans la limite de 3 prospectus par semaine et par carte, ce qui correspond au nombre maximum de prospectus que l’enseigne distribue en une semaine).

Ces prospectus seront conditionnés pour être ensuite recyclés par chaque magasin.

Bonne action numéro 2 : soutenir la recherche médicale

Chaque prospectus E.Leclerc rapporté équivaudra à un don de 2 centimes en faveur de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer. Ce soutien vient compléter l’aide qui lui est déjà apportée par les Centres E.Leclerc grâce à l’opération « Une Orchidée pour la Mémoire ».  Avec
225 000 nouveaux cas par an, la maladie d’Alzheimer touche 900 000 personnes en France. C’est pour le Mouvement E.Leclerc un combat de société majeur.

Michel-Edouard Leclerc : « Je me réjouis que  les centres E.Leclerc aient pu mettre en place ce système innovant  de consignes de prospectus, qui sera indéniablement écologiquement positif, et qui nous permet de nous engager encore plus fortement aux côtés de la Fondation afin de soutenir la recherche et de proposer un espoir aux victimes de la maladie et aux familles qui les aident. »

Détails de l’opération : https://www.mouvement.leclerc/prospectusutiles

Pour faire un don à la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer : Faire un don

Les chiffres clés de la maladie d’Alzheimer

Voici une infographie qui rappelle les principaux chiffres caractérisant cette pathologie :

Pour soutenir la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer, faites un don.

Journée Mondiale du refus de la misère

 

A l’occasion des 130 ans des œuvres de notre fondateur, Paulin Enfert, et du jour du refus de la misère le 17 octobre,

La Mie de Pain et France Info lancent en partenariat, une exposition de la journaliste et dessinatrice Elisabeth de Pourquery pour la Journée Mondiale du refus de la misère.

L’artiste a dessiné 40 dessins à l’entre et à l’aquarelle lors d’un reportage entièrement dessiné pour la chaine de télévision France Info sur les sans domicile fixe.

 

  • Vernissage le lundi 16 octobre à 18 h de l’exposition à la Mie de Pain – 16 rue Charles Fourier 75013 Paris.

 

Vous êtes cordialement invités. Vous trouverez l’invitation en cliquant ici.

 

Exposition du 16 octobre 2017 au 3 janvier 2018

Entrée libre et gratuite

Du lundi au vendredi de 15 h à 19 h

16 rue charles Fourier – 75013 Paris

Métro : place d’Italie ou Tolbiac

Le profil des donateurs peine à rajeunir, une inquiétude pour les associations

© MIGUEL MEDINA / AFP

Les dons aux grandes associations et fondations ont continué de progresser en 2016, mais le profil des donateurs peine à rajeunir, suscitant des inquiétudes, selon le dernier baromètre du syndicat professionnel France Générosités* publié lundi.

Des donateurs plus généreux. La hausse des dons collectés par les 91 membres de ce syndicat (parmi lesquels Action contre la faim, AFM-Téléthon, Amnesty International, Unicef, Sidaction…) est estimée à 2,5% en 2016, d’après un panel de 21 associations et fondations cumulant plus de la moitié des dons (inférieurs à 1.500 euros). Si les dons ont continué d’augmenter en 2016, c’est parce que les donateurs existants ont été plus généreux, estime France Générosités dans un communiqué. Près d’un Français sur deux (46%) dit donner au moins une fois par an.

29% des donateurs ont plus de 65 ans. Mais le panel des donateurs peine à se renouveler et à rajeunir, observe le syndicat pour expliquer ses inquiétudes. En 2016, les donateurs fidèles ont ainsi représenté 92% de la collecte globale. Ces donateurs fidèles sont âgés puisque, parmi ceux qui donnent régulièrement (au moins une fois par an), il y a 29% de personnes de 65 ans et plus, mais seulement 12% de 25-34 ans. Les moins de 35 ans réagissent surtout à l’actualité et ce sont souvent des causes ponctuelles qui suscitent leurs dons.

Des dons en ligne. Tous âges confondus, les causes les plus plébiscitées sont la protection de l’enfance, devant la lutte contre l’exclusion et la pauvreté, la recherche médicale et l’aide aux personnes handicapées. Les habitudes de paiement changent, avec un tassement des dons par chèques (qui représentent tout de même 56% des dons), d’un montant moyen de 63,90 euros (-60 centimes) et une progression des dons par prélèvement automatique (44% des dons), d’un montant moyen de 13,40 euros (+40 centimes).

Les dons collectés en ligne représentent désormais 8% du total des dons, avec un montant moyen de 103 euros (+60 centimes). Le don par SMS a été mis en place en décembre 2016, afin d’adapter la solidarité aux nouvelles technologies et de sensibiliser des donateurs plus jeunes.

*Étude réalisée par Kantar Public pour France Générosités auprès d’un échantillon de 2.091 personnes, interrogées en face-à-face du 23 au 30 mars.

Source : http://www.europe1.fr/economie/le-profil-des-donateurs-peine-a-rajeunir-une-inquietude-pour-les-associations-3451952

Fondation pour la Recherche sur Alzheimer – les lauréats des Grands Prix Européens de la Recherche 2017

La Fondation pour la Recherche sur Alzheimer a pour objectif de participer au développement de la recherche dans le domaine de la maladie d’Alzheimer et des syndromes apparentés en France et au-delà des frontières. Dans le cadre de la réalisation de cet objectif, la Fondation a créé en 2011 le Grand Prix Européen de la Recherche.

Chaque année, la Fondation décerne, après une sélection effectuée par le Comité Scientifique Européen du Grand Prix, un prix d’un montant de 100 000 €, récompensant un chercheur connu dans la communauté scientifique pour le haut niveau de ses publications scientifiques et capable de mobiliser une équipe autour d’un projet de recherche particulièrement prometteur.

Ce concours est réservé à un chercheur travaillant dans un laboratoire situé dans l’un des Etats membres de l’Union Européenne ou de l’Association européenne de libre-échange et ressortissant de l’un des Etats membres de l’Union européenne ou de l’Association européenne de libre-échange (ou bénéficiant d’un permis de résidence illimitée dans l’un de ces pays).

En 2013, création du Prix Européen Jeune Chercheur-SCOR (d’un montant de 10 000€) pour soutenir et encourager un jeune chercheur dont les projets de recherche sont prometteurs.

Nous sommes heureux de vous annoncer les noms des lauréats des Grand Prix Européens 2017 de la Fondation:

Le Professeur Bart de Strooper lauréat du Grand Prix Européen de la Recherche 2017 et Erik Portelius, lauréat du Prix Européen Jeune Chercheur-SCOR 2017. Les prix leur seront remis officiellement le 12 février 2018 lors du 13ème Gala de la Fondation qui se tiendra salle Pleyel.

DON SMS – Recherche sur Alzheimer

Le don par SMS est un jeu d’enfant ! Aidez la recherche sur Alzheimer en envoyant DON2 au 92500.

C’est simple, rapide et pratique. Les 2€ seront débités sur votre facture de téléphone.

Soutenez nous,et partagez ! #mettonsalzheimerko

Faire un don, et après ?

Et si tout commençait après le moment du don ? Faire un don, c’est bon pour la santé : plusieurs études américaines soulignent les effets positifs du don sur le cerveau et sur l’humeur du généreux donateur. Voilà une bonne raison de faire un don, qui s’ajoute à la satisfaction de voir les projets qui nous tiennent à cœur se réaliser grâce à une contribution collective. Faire un don fait donc du bien, d’accord : mais après ? L’expérience s’arrête-t-elle là ?

Faire un don, un acte qui s’inscrit dans la durée

Si le moment du don peut être très bref (sur Commeon, il suffit de quelques clics pour passer à l’action), son impact s’inscrit dans le long-terme : il a pour but de financer une mission ou un projet pérenne, qui prendra vie grâce aux contributions. Si le don poursuit sa route vers une cause d’intérêt général, qu’en est-il du donateur ? Son rôle et sa contribution doivent-elles s’arrêter là ?

Non ! Sur Commeon, nous croyons fermement que l’expérience du mécène ne s’arrête pas au moment du don : c’est au contraire le début d’une belle aventure d’accompagnement de la structure qu’il ou elle a choisi de soutenir !

Lire la suite de l’article…

POSTED BY COMMEON ON 13 JULY 2017 POSTED IN BOITE À OUTILS, CROWDFUNDING ET MÉCÉNAT

Journal LA CROIX – Les nouvelles façons de donner

Par Nathalie Birchem, le 2/8/2017 à 05h55

Source : http://www.la-croix.com/Economie/Economie-solidaire/nouvelles-facons-donner-2017-08-02-1200867304#

Financements participatifs, don par SMS, arrondi solidaire… Depuis une dizaine d’années, une multitude de nouveaux outils de dons en ligne se sont développés. Gadgets ou vraies innovations ?

En 2016, 26% des Français ont fait un don sur Internet, soit deux points de plus qu’en 2015.
ZOOM
En 2016, 26% des Français ont fait un don sur Internet,
soit deux points de plus qu’en 2015. / Xavier Testelin/Divergence
Au printemps, en quelques clics, Xavier Rousset a contribué à faire gagner 9528 € à trois associations : Tous pour Soren, qui aide un enfant à affronter une intervention chirurgicale, Namasté, qui parraine un orphelinat au Népal, et Trisomie21 Marne.

Comme une trentaine d’autres coureurs à pied de l’association Endurance et Aventure, ce quadragénaire de l’Aube a participé en avril au Marathon des sables, une course extrême de 250 km en six étapes dans les sables du sud du Maroc. Mais avant, il a sollicité par courriel le ban et l’arrière-ban de ses connaissances pour leur proposer d’acheter des kilomètres afin d’abonder la cagnotte ouverte sur HelloAsso, une plateforme de financement participatif dédiée aux projets solidaires.

LIRE : Les fondations ont besoin des donateurs-ISF

Parmi les 160 donateurs qui ont dit banco, il y a Sophie, une habituée des petits dons. En plus des 50 € versés chaque année par chèque à son association de cœur, Solidarités nouvelles face au chômage, elle a testé la toute nouvelle formule de don par SMS, ce qui lui a permis de verser 5 € à la Croix-Rouge, prélevés ensuite sur sa facture téléphonique.

Cet été, elle n’exclut pas, si elle repasse par le zoo de Beauval, d’arrondir à l’euro supérieur ses achats au self ou en boutique, le surplus servant à financer la protection d’une espèce animale. Elle a aussi téléchargé sur son téléphone l’application « Je donne ». Et s’intéresse sérieusement au moteur de recherche Lilo. Celui-ci permet, à chaque requête sur Internet, d’amasser des « gouttes d’eau » qui permettront de reverser une partie des revenus publicitaires générés à des projets sociaux ou environnementaux.

Un intérêt grandissant au e-don. Avec retard.

Combien sont-ils ces donateurs qui, comme Sophie, préfèrent désormais cliquer solidaire plutôt que de sortir le traditionnel carnet de chèques ? De plus en plus, si l’on en croit la sixième édition du baromètre e-donateurs publiée par l’agence Limite et l’Ifop qui affirme que, en 2016, 26 % des Français ont donné sur Internet, soit 2 points de plus que l’année précédente.

Bien sûr, cela pèse toujours moins de 5 % de l’ensemble des dons aux associations. Mais les associations s’y intéressent désormais de près, contraintes et forcées par l’évolution de modes de consommation. Avec retard.

Ainsi, alors que le paiement en ligne a fait son apparition dès le milieu des années 1990, «le don en ligne ne s’est imposé qu’après le tsunami de 2004 où les gens, très émus par la catastrophe, ont voulu donner rapidement, analyse Nolwenn Poupon, responsable des études et de la communication chez France générosités. Désormais, le don en ligne représente une vraie tendance de fond, tout comme le prélèvement automatique. Mais il faut du temps pour que les choses se mettent enplace».

De même, le crowdfunding, ou financement participatif, a émergé en France au milieu des années 2000. Mais «ce n’est qu’à parti de 2010 qu’on a vu le sujet monter pour les associations», reprend Nolwenn Poupon, avec des plateformes comme Ulule, Kiss Kiss Bank Bank ou HelloAsso, spécialisées dans les projets solidaires.

Les nouveaux outils du don

Désormais, quelques grosses associations, comme le Secours catholique, créent à leur tour leur propre plateforme. Selon le baromètre du crowdfunding, 68,6 millions d’euros de dons ont été collectés de cette façon en 2016 contre 50,15 en 2015. «On a plus de 30000 associations qui collectent via notre plate-forme et on va passer la barre des 50millions d’euros cet été, dont la moitié collectée sur les douze derniers mois», confirme Charlie Tronche, responsable des partenariats chez HelloAsso.

Autre formule qui prend de l’ampleur : l’arrondi, créé en France en 2008, qui permet de donner à une association le surplus généré par l’arrondi à l’euro supérieur du montant d’un achat. Il est aujourd’hui possible de faire de même sur le bulletin de salaire. Selon le bilan fait par l’association Microdon, plus de 3,2 millions d’arrondis ont été enregistrés en 2016 pour un montant de 759000 €. «Et ça double chaque année. On en est déjà à 600000€ collectés en juin2017», précise Nolwenn Poupon.

LIRE : Dans la famille Baudoux, le partage en héritage

Si désormais plus d’une centaine de grosses enseignes, comme le vendeur de vêtements Jules, le parfumeur Sephora, le distributeur Casino ou la chaîne Nature & Découvertes, pratiquent l’arrondi en caisse, un gisement très important réside dans l’extension des entreprises qui le proposent à leurs salariés, comme le fait déjà Thales par exemple. «Si un bon nombre d’employeurs s’y mettent, il y aura là un vrai potentiel dans quelques années», estime ainsi Jean-Marie Destrées, délégué général adjoint de la Gondation Caritas.

le « goodtweet »

Quant aux dizaines d’innovations technologiques qui se créent chaque année, il faudra attendre un peu pour savoir si elles seront autre chose qu’anecdotiques. Par exemple, la version digitale et solidaire du célèbre jeu de devinettes Le Schmilblick, qui doit être lancée à l’automne et permettra de faire gagner de l’argent à des associations grâce à des revenus commerciaux et publicitaires, prendra-t-elle autant que le jeu télévisé ?

De même le « goodtweet », ou don en un tweet, développé par Heoh, trouvera-t-il son public ? Également présente sur le marché du don par SMS, cette start-up a créé de nombreux outils, dont le don sur terminal de paiement, qui permet de faire, au moment du règlement en caisse, un don soit à l’arrondi, soit d’un montant fixe ou proportionnel à l’achat.

LIRE AUSSI : Le pape François dépasse les 35 millions d’abonnés sur Twitter

Le don lors d’un achat en ligne, sur un site marchand, fait aussi partie de sa panoplie. Tout comme le « don sans contact », généré par la présentation de la carte bleue aux abords d’une borne, présente dans un musée ou un hôpital par exemple. Son dernier produit ? Une « goodcard », carte bancaire qui permet de faire un geste envers l’association de son choix à chaque utilisation.

« Un enjeu à trouver des donateurs plus jeunes »

Ce développement tous azimuts de la générosité embarquée dans le quotidien n’est pas sans poser question. D’un côté, «les donateurs vieillissent et il y a un véritable enjeu à en trouver de plus jeunes», analyse Jacques Malet, président de Recherches & Solidarités, qui ajoute : «Ces nouveaux outils conviennent bien aux jeunes générations, et elles ont l’avantage de permettre de raccourcir le temps entre l’intention de donner et le passage à l’acte.» De l’autre, reste à savoir si ces formules ne vont pas contribuer à favoriser les tout petits dons au détriment des gros chèques.

«Je ne crois pas du tout que ça va cannibaliser le système, estime Mathilde Cuchet-Chosseler, déléguée déontologie au Comité de la charte du don en confiance, qui labellise les associations collectrices. En revanche, « il y a un vrai enjeu dans la fiabilisation de toutes ces formules pour assurer aux donateurs que l’argent collecté va bien au projet». Un gros chantier en perspective.

LIRE AUSSI : « Les donateurs n’ont pas un budget extensible à l’infini »

————————————————

REPÈRES

Le panorama du don

58 % de Français donateurs. Selon le dernier baromètre de la générosité publié par l’association France Générosités, près de 6 Français sur 10 déclarent avoir fait au moins un don à une association dans les trois dernières années. Près d’un Français sur deux (46 %) donne au moins une fois par an.

Une donatrice de plus de 50 ans. Le donateur type est plutôt une donatrice (55 %) et se situe plutôt dans la tranche des plus de 50 ans (52 %).

Un don moyen variable. Le don par chèque atteint en moyenne 63 €, le don en ligne 104 €, tandis que le prélèvement automatique mensuel est de 12,8 €, soit 153,6 € par an.

Trois causes prioritaires. Les trois causes les plus soutenues par les Français sont la protection de l’enfance, la recherche médicale et la lutte contre l’exclusion.

Nathalie Birchem

http://www.la-croix.com/Economie/Economie-solidaire/nouvelles-facons-donner-2017-08-02-1200867304#

Soyez prêt à les soutenir

Fondation Charles-Nicolle : Concert à la Cathédrale 10 JUIN